Bharat (Inde)

En 2005, je me suis rendu, avec un ami, en Inde. Ce voyage a ceci de particulier qu’il m’a (r)amené à la terre de mes ancêtres paternels . Mon arrière-arrière grand-père avait quitté son pays pour l’Ile Maurice.

            C’est en cherchant une part de mon identité dans ce sous-continent, que je me suis mis à assembler la mosaïque de portraits qui compose l’Inde, à mon sens. J’ai parcouru un mois ce pays, sans jamais me poser réellement. Je l’ai parcouru dans les grandes lignes. J’ai voulu saisir les visages qu’il me montrait : beaux ou laids, ainsi que les images, symboliques ou anodines. Mumbhaï, Agra, Khajuraho, Varanasi, Kolkata, Puri, Chennaï et Cochin ont été des étapes importantes de mon voyage. Le temps m’a manqué pour m’arrêter à Delhi, Gôa ou Bangalore.

            Pour moi, l’Inde est un pays kaléidoscopique où la douceur peut se mêler à la violence où la richesse côtoie la misère, où le beau partage l’affiche avec le laid où la puanteur des rues n’empêche pas le parfum des épices et où la crasse et les murs laissés à l’abandon rehausse la vivacité des couleurs …

La vie est un défilé d’images inégales que le hasard place devant nous. Je vous propose de partager celles que j’ai pu capturer lors de ce voyage empreint de quête identitaire.

Au commencement, était l’envie furieuse de foutre le camp, de fuir à pleins enjambées, de tout laisser loin derrière et de me retrouver, de faire le point, seul.

            Ensuite, l’attente des conditions favorables, puis le projet et l’approche du départ. Du désir, je suis passé à l’appréhension.

            Arrivé en Inde, ma toute première réaction a été étrange : un calme inhabituel , un quasi-mutisme, un silence résonnait en moi. Pourquoi ? Je n’ai pas réussi à le savoir. Misère ? Similitude avec Maurice ? Une projection précipité de mon identité ?

            Ma deuxième réaction a été le rejet face à tout ce qui était désagréable : la saleté omniprésente, le harcèlement du moindre vendeur de n’importe quoi, les regards appuyés qui ne comprennent pas qu’ils dérangent.

            Ma dernière réaction a vu le rejet s’atténuer au fur et à mesure qu’il me semblait m’adapter, accepter leur façon de se comporter et j’ai alors commencé à apprécier l’Inde.